UMR 5060 CNRS-Université Bordeaux Montaigne

Nos tutelles

CNRS UBM

Autres équipes IRAMAT

CEB UTBM

Notre LABEX

LaScArBx






Antenne de Rennes

RENNES

Rechercher




Accueil > Thèmes de recherche > Architecture du bâti monumental. Histoire, construction, matériaux, art > Terres cuites architecturales dans l’architecture de l’Antiquité au haut Moyen Âge

Terres cuites architecturales dans l’architecture de l’Antiquité au haut Moyen Âge

par FD - publié le

Dans ce programme collaboratif européen GDRE CNRS Terres Cuites Architecturales (TCA) et Nouvelles Méthodes de Datation (2005-2012, dir Sapin et Guibert, une dizaine de laboratoires impliqués : UMR IRAMAT, Artehis UMR 6298, LAMOP UMR 8589, Ausonius UMR 5607, Géosciences Rennes UMR 6118, Archéométrie et Archéologie UMR 5138, des équipes de l’Université de Durham, Catane, Milano-Biccocca, Vercelli, Liège), il s’agissait de caractériser l’usage de la brique dans des édifices du Haut Moyen Âge. On se proposait, en mettant en œuvre un ensemble de méthodes de datation (Archéomagnétisme, Luminescence, Radiocarbone), de questionner des hypothèses telles que la perte de savoir-faire au Haut Moyen Âge qui aurait impliqué la réutilisation systématique de matériaux gallo-romains ou britto-romains, ou encore celle de l’association brique-pierre considérée comme marqueur chronologique.

JPEG - 1009.6 ko

Eglise St Romain, St Romain-en-Gal (69), Mesure de la radioactivité gamma et cosmique par sonde gammamétrique au niveau des prélèvements de brique effectués dans l’arc au-dessus du linteau (cliché P. Guibert IRAMAT-CRP2A)

L’apport de ce travail interdisciplinaire a été fondamental pour les deux communautés concernées, archéologie et chronologie. Nous avons conclu que l’existence de remploi de matériaux antiques était une pratique assez fréquente mais non systématique, ce qui implique la continuité de la production de briques au Haut Moyen-âge en France. Nous avons aussi constaté la présence à la fois de TCA remployées et produites ad nove dans certaines maçonneries, comme à St Irénée à Lyon, ou à Ste Quitterie à Aire-sur-l’Adour (Landes). La convergence des datations entre charbons de mortiers et briques a permis par ailleurs de conforter et préciser la datation traditionnellement admise de certains édifices comme Notre-Dame sous Terre au Mont-Saint Michel, la crypte de St Seurin de Bordeaux, St Romain à St Romain en Gal …, ou au contraire de l’infirmer comme à St Martin d’Angers, ou à St Martin of Tours à Chipping Ongar, dans l’Essex, édifices qui se sont avérés plus anciens de plus d’un siècle par rapport à l’attribution classique. Sur le plan des techniques de cuisson des briques, il a été mis en évidence des modes de production qui se différencient totalement des pratiques romaines ou de celles plus tardives à partir du 12e siècle, où un arrangement ordonné des briques dans le four de production est attesté archéologiquement et constaté grâce à l’enregistrement du Champ Magnétique Terrestre, et l’on peut supposer que des cuissons mixtes chaux et terres cuites ont alors été mises en œuvre pour les édifices hauts-médiévaux concernés (Notre Dame sous Terre, St Philbert de Grandlieu, St Martin d’Angers…).

Sur le plan de la méthodologie de la datation, cette étude a contribué à l’Histoire du Champ Magnétique Terrestre entre le 4e siècle et l’an Mil (intensité et direction). Des expériences communes entre laboratoires de luminescence ont permis de comparer les pratiques des équipes, d’évaluer les qualités des diverses méthodes et protocoles mis en œuvre (OSL, TL) et de comprendre les raisons de certains accords ou désaccords. Le couplage systématique archéomagnétisme luminescence a permis d’accroître la précision des datations, lorsque la contemporanéité des productions avait été démontrée. Ce programme a été l’occasion de développer durablement des collaborations européennes entre des laboratoires de chronologie et d’archéologie du bâti, et nous avons défini une priorité méthodologique pour les années suivantes en Europe, la datation des mortiers par OSL afin d’accéder directement à la chronologie de l’édification des maçonneries.